Le Ministère de l’Economie a fait part de sa volonté de doubler le plafond de chiffre d’affaires des auto-entrepreneurs passant de 33 200€ à 66 400€. Cette annonce créée un fort déséquilibre fiscal et social avec de nombreuses branches professionnelles mais également avec celle du portage salarial.

Une absence de concertation regrettable

Le PEPS, principal syndicat regroupant plus de 80% des entreprises de portage salarial, déplore l’absence de concertation. La volonté du gouvernement à vouloir développer l’entreprenariat est tout à fait louable, néanmoins, augmenter le plafond du statut de la micro-entreprise n’est pas sans conséquences très négative pour des nombreux secteurs d’activités.

Le PEPS et les salariés portés (+ de 70 000 portés en 2016) qu’il représente dénoncent être une initiative arbitraire qui bouleverserait un écosystème fragile qui fonctionnait correctement jusqu’à présent. Il est donc nécessaire de préserver une équité entre les différents statuts, les systèmes ne doivent surtout pas se cannibaliser mais au contraire converger afin que chaque entrepreneur puisse choisir le mode de fonctionnement qui lui convient à sa chacune des étapes de sa vie professionnelle.

Les différentes solutions offertes aux entrepreneurs ont mises des années à trouver entre elles un équilibre efficace, cette mesure va perturber sa fluidité et devenir contre-productive.

De l’importance de limiter dans la durée l’accès au statut de micro-entrepreneur

Il est plus que jamais nécessaire de rappeler que le statut de micro-entrepreneur est transitoire dans le but de lancer son activité ou pour un complément.

Le risque important de l’effet d’aubaine est encore plus flagrant

A coup sûr, bon nombre de professionnels vont vouloir se tourner vers la micro-entreprise pour son coût très attractif, sans toutefois bénéficier de protection sociale ni d’accompagnement. Une vision à très court terme du développement de l’entreprenariat, mais très risqué pour l’avenir !

 

Hubert Camus, Président du PEPS déclare : « Le régime de micro-entreprise est pensé pour accompagner le démarrage d’activité et ne doit en aucun cas ouvrir la voie à du long terme ! Si cette réforme est appliquée, ce statut fiscalement très avantageux pourrait séduire de nombreux français non conscients du risque de précarité sociale auquel ils s’exposent. ».  Il ajoute : « Le statut d’auto-entrepreneur est socialement dénué de protection. Les cotisations sociales versées sont très faibles et ne garantissent que le minimum de pension de retraite – soit environ 500€ mensuels pour une cotisation d’une quarantaine d’années sur la base du régime d’auto-entrepreneurs. »

Le PEPS rejoint ainsi le mouvement lancé par la CPME et le collectif des artisans pour appeler le gouvernement à lancer une concertation commune.

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Communiqué de presse